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Société

Mis en ligne le 01/07/2006

Elles s’appelaient Stacy et Nathalie


Elles avaient 7 et 10 ans. L’une s’appelait Stacy, l’autre Nathalie. Deux petites filles qui ne demandaient qu’à vivre et dans les yeux desquelles ont pouvait deviner une certaine joie d’exister.
Mais voilà, dans la nuit du 9 juin dernier, alors qu’elles participaient, comme d’autres enfants, à la fête de la braderie de la rue Saint-Léonard, un quartier populaire de Liège, riche d’une multiculturalité joyeuse et sincère elles ont disparu.
On sait aujourd’hui, après que leurs petits corps meurtris et sans vie aient été découverts par les enquêteurs qui ont travaillé inlassablement depuis leur disparition, que Stacy et Nathalie ont croisé sur le chemin de leurs jeux innocents : le monstre, le prédateur.
Cette affaire qui a tenu en émoi toute une population depuis près de 3 semaines a fait revivre dans le cœur des Liégeoises et des Liégeois le triste souvenir de l’enlèvement et des assassinats de deux autres petites liégeoises. Elles s’appelaient Julie et Melissa. C’était il y a 11 ans.
Comme Stacy et Nathalie, Julie et Melissa jouaient non loin de chez elle. C’était l’été il faisait beau et ce jour là aussi elles ont croisé des monstres, des prédateurs, qui aujourd’hui croupissent en prison.
11 après, l’histoire repasse les plats comme on dit vulgairement. Et l’on pourrait épiloguer longuement sur ce qui aurait dû être fait pour qu’un tel drame ne se reproduise plus.
En effet, pour autant que le suspect appréhendé et inculpé aujourd’hui d’enlèvement d’enfant de viol et d’assassinat soit l’auteur de ce drame affreux, l’on sait qu’il s’agissait d’un récidiviste déjà coupable de faits semblables et in fine, interné pendant plus de 4 ans en Centre de défense sociale..
Après plus de 4 ans, les spécialistes ont déduit qu’il n’était pas fou, qu’il jouissait de toutes ses facultés mentales et l’ont libéré. Le jour de la braderie, il était dans le quartier. Est-ce lui ? De très fortes présomptions, différents témoignages, certains éléments matériels, un emploi du temps ambigu, une absence de plus de 3 jours après les faits, ont amené un juge d’instruction à l’inculper et à le priver de sa liberté qui a été confirmé par une Chambre du Conseil ainsi que par, en degré d’appel, par une Chambre des mises en accusation.
Si c’est lui, et même si ça ne l’est pas, il faudra que le pouvoir législatif donne au pouvoir judiciaire tous les moyens pour que de tels individus, de tels prédateurs, de tels monstre, une fois qu’ils auront été interceptés, ne puissent plus jamais récidiver.

C’est vraiment le meilleur hommage et le seul que le pays (c'est-à-dire ses politiques) pourraient rendre à Stacy et à Nathalie et à leurs parents.

Et même s’il existera toujours des monstres et des prédateurs (les humains sont ainsi faits) de nouvelles disposition légales, des mesures plus strictes concernant ce type d’individus ne pourront que permettre aux enfants de vivre pleinement les premières années, les plus importantes, de leur existence.

Faites que Stacy et Nathalie qui auraient dû avoir toute une vie devant elles, ne soient pas mortes pour rien. C’est le vœu de tout un peuple.







Gaston LECOCQ