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Politique

Mis en ligne le 01/09/2005

Le gouvernement wallon a présenté son « plan de relance pour la Wallonie »: 1,4 milliard d'euro...

C’est hier, le mardi 30 août, comme prévu depuis plusieurs semaines, que le gouvernement wallon a adopté son plan « Marshall » (merci pour cette américanophilie à outrance M. Di Rupo! ), en fait un nouveau "plan de relance pour la Wallonie".
En gros, il s’agit de 1,4 milliard d'euros qui, sur 4 ans seront consacrés à la mise en oeuvre de mesures regroupées autour de 5 axes:
- la création de pôles de compétitivité,
- la stimulation de la création d'activités
- l'allègement de la fiscalité sur les entreprises
- le soutien à la recherche
- les compétences pour l'emploi.
Dans le détail : la « création des pôles de compétitivité » bénéficiera de 280 millions d'euros. La « stimulation de création d'activités » sera dotée de 872 millions d'euros. L'effort d'allègement fiscal, s'élèvera à 92 millions d'euros.
En présentant ce plan que beaucoup considèrent (mais il y a toujours des sceptiques) comme une excellente idée, mais qui aurait dû être mise en œuvre depuis belle lurette, le gouvernement wallon, (en fait son ministre - président Jean-Claude Van Cauwenberghe) a appelé à la mobilisation de tous, pour sa réussite ainsi qu'à l'implication d'autres niveaux de pouvoir. Il faisait ici allusion au Gouvernement fédéral pour qu'il l’appuie, surtout sur le plan fiscal, mais également la Communauté française.
Quelques exemples chiffrés du "plan de relance "
On a aussi appris, pour entrer dans le détail de ce plan qui est finalement assez audacieux, que l’assainissement des friches industrielles se poursuivrait et pourrait compter sur une enveloppe budgétaire de 343 millions d'euros. Par ailleurs, 213 millions d’euros seront affectés à l’équipement des zones d'activité économique. Cela devrait permettre de valoriser les terrains disponibles dans ce domaine en Wallonie.
Par ailleurs, on annonce un allègement fiscal de quelques 92 millions d'euros se répartissant sur la suppression progressive des taxes provinciales, la suppression des droits de navigation ainsi que le précompte immobilier sur le matériel et l'outillage pour les nouveaux investissements et la taxe locale sur la force motrice. Il est par ailleurs prévu que ces suppressions s’accompagnent de compensations.
Le plan prévoit aussi la création de zones franches dans 75 communes connaissant d'importantes difficultés socio-économiques. Il s’agit en fait d’un dispositif de financement dans lequel interviendront des fonds d'impulsion, des suppressions de taxes, ainsi qu’une augmentation substantielle des aides économiques ainsi que l’augmentation des aides déjà accordées par la Région dans certains domaines.
Par ailleurs, quelques 150 millions d'euros seront consacrés à la recherche en phase avec les entreprises. D’ici 4 ans, le gouvernement wallon espère que 600 bourses en doctorat pourront être attribuées et renforcera sa politique en faveur des spin-off et des spin-out (mini entreprises créées au départ d'université)..
Au niveau de la politique de l’emploi, le plan prévoit de mettre sur pied quelques 8.000 formations supplémentaires par an, pour répondre aux pénuries constatées dans certains métiers et plus précisément dans les métiers manuels à haute spécificité.
Le plan prévoit enfin un coup de pouce à l’apprentissage des langues en annonçant que 8.000 bourses d'immersion linguistiques supplémentaires seront consenties à ceux qui en feront la demande et plus particulièrement : les élèves de l'enseignement secondaire, les enseignants de langue (mais il faudrait peut-être à la base revoir aussi la conception des cours de langue dans les écoles NDLR) , aux demandeurs d'emploi, etc.
Comment financer tout ça ?
Où le gouvernement wallon va-t-il trouver l’argent pour réaliser tout ça ? Il y aura et on en parle déjà depuis plus d’une semaine, un apport de quelques 180 millions d’euros provenant de la vente des actions d'Arcelor (plus les dividendes) ; 60 millions d’euros venant de la Société régionale d'investissement, 40 millions d’économies budgétaires sur les crédits facultatifs, 301 millions seront issus de la rigueur budgétaire et des contributions des trésoreries de certains para régionaux et enfin 473 millions de marges budgétaires estimées. Enfin, si vous ajoutez à tout cela, des moyens dégagés par ce qu’on appelle des financements alternatif, le compte devrait être bon.
Même si nous nous méfions toujours des effets d'annonce, au stade actuel, rien ne sert de critiquer quoi que ce soit. On verra d’ici la fin de la législature, d’ici 4 ans. C’est en tous les cas, pour l’équipe au pouvoir (PS – CDh) un fameux défi à relever. Il en va plus particulièrement de la crédibilité du PS qui, en étant principalement à la base de ce plan « Marshall » (mais enfin pourquoi avoir choisi ce nom qui n’est vraiment pas de chez nous ? ), ne devra pas perdre de vue qu’il est un parti de gauche, dont les ambitions sont, non seulement de développer de nouvelles stratégies pour le futur mais aussi de ne pas laisser tomber les plus faibles, les malades, les plus vieux, les exclus… Parce qu’un avenir dans lequel il n’y aurait pas de place pour eux, serait un avenir propice à tous les extrémismes.





G.Lecocq