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Politique

Mis en ligne le 19/09/2005

Lettre ouverte aux parlementaires wallons, de Liège de Francis Gomez, président de la FGTB-Métal

Il y a quelque temps, le Gouvernement wallon présentait le plan « Marshall » (c’est vraiment idiot d’avoir choisi cette dénomination), en fait un plan de relance pour la Wallonie, que nous avons présenté dans nos colonnes.
Patrons et syndicats sont en général, favorables à cette démarche tout en restant vigilant quant à son application et ses conséquences sur l’emploi de chaque régions de la Région wallonne.
A quelques heures de se prononcer sur ce plan, Francis Gomez, président de la FGTB-Métal a tenu à envoyer une « lettre ouverte » aux parlementaire de la Région wallonne élus par les citoyens de Liège ou du Pays de Liège.
La voici:
« Dans quelques heures, vous allez vous prononcer sur le plan dit « Marshall » : CSC et FGTB ont exprimé globalement leur avis sur le sujet ; je le partage évidemment et il serait heureux que vous le preniez en compte.
Mon propos, ici, se veut plus précis et plus concret : il tient au sort réservé à notre région liégeoise et en particulier au corset trop serré qui va l’enfermer au risque même de l’étouffer.
Les discours ont beau être optimistes, généreux et globalisants, mais la réalité, s’inscrit, elle, dans des limites physiques, avec identification précise des territoires, des parcs industriels, des centres de recherche, des gens. D’ailleurs, la semaine dernière, un accord Gouvernement-Universités a déjà réparti certaines charges en liaison avec les pôles de compétence : que Liège soit absente du pôle « ingénierie mécanique » est un premier point qui nous insupporte.
Le plan lui-même me paraît dangereux pour Liège, dès lors qu’il va déterminer - et pour très longtemps - l’espace géographique du développement économique espéré sans que l’on ait pris soin d’y insérer les communes les plus intéressantes pour accueillir les investissements.
Nul n’ignore les redoutables échéances qui vont faire disparaître des milliers d’emplois en liaison avec l’arrêt de la phase à chaud, en sidérurgie.
Il paraît évident qu’une des alternatives la plus prometteuse réside, comme le précise le plan d’ailleurs, dans la logistique : Bierset constitue donc l’espoir majeur : l’application du plan tel que présenté aujourd’hui va le tuer. En effet, non repris dans la zone franche où vont s’accumuler aides fiscales, économiques prises par la Région, la Belgique fédérale, l’Europe, Bierset est condamné à vivoter.
Cette aberration doit être corrigée de suite et non seulement dans des dispositifs d’application ultérieure où il s’en trouvera toujours pour demander l’application stricte du plan initial. Je plaide pour qu’au contraire, toute la zone aéroportuaire soit considérée comme zone franche : elle doit intégrer dès lors au moins l’ensemble des communes qui touche l’aéroport.
Il est donc de votre responsabilité que d’obtenir cette importante modification.
Par ailleurs, la « bataille » pour Cockerill a fait naître un véritable consensus pour concevoir et réaliser un redéploiement ambitieux. Bien sûr la mise en œuvre opérationnelle des outils a mis trop de temps et j’ai moi-même fait état à plusieurs reprises, d’une impatience grandissante : mais la dynamique progressait.
Le plan Marshall gomme toute cette démarche pour y préférer une nébuleuse moins assurée encore, moins partagée politiquement et socialement. Si le redéploiement liégeois doit s’inscrire dans une dynamique bien plus large, cela ne doit pas être au prix d’en balayer les ressorts réamorcés depuis quelques mois : Namur ne doit pas régenter tout sous peine d’échec complet ! Je compte d’ailleurs provoquer de suite une réunion du Conseil d’Administration du GRE pour faire la clarté sur ces points.
Je me sens d’autant plus habilité à être ferme sur ces points que pour une part non négligeable (et en tout cas la plus concrète), c’est l’argent de notre sidérurgie qui va financer ce plan Marshall : héritier, avec d’autres, de ce patrimoine industriel et financier. Je suis opposé à une dispersion de ces moyens ; sans contrôle de notre part, sans retour apparent, cette voie me paraît, elle aussi, devoir être revue.
Madame, Monsieur votre tâche et votre responsabilité sont considérables : vous allez contribuer à redessiner notre avenir : en rater des cibles essentielles aura des conséquences pour les générations à venir. Je vais suivre avec beaucoup d’attention ces débats et voter : je ne pourrai taire ni mes commentaires, ni mes reproches si d’aventure, vous veniez, directement ou non, à desservir notre Région mais je suis sûr que je n’aurai qu’éloges à vous adresser demain ».
Francis Gomez, président