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En Ville

Mis en ligne le 31/05/2006

Val Benoît : une nouvelle vie pour l'Institut de Mécanique


C’est au cours d’une conférence de presse (la photo) réunissant la Ville de Liège (échevins Jean-Géry Godeaux et Hector Magotte), l’Université de Liège (le recteur Bernard Rentier et le professeur Robert Halleux), le Théâtre de la Place (Serge Rangoni) et l’Auberge de Jeunesse Georges Simenon (Mme Dominique Faure) que l’on a appris, lundi matin, une excellente nouvelle. En effet, suite un accord portant sur la somme de 2 millions d’euros, l’Université de Liège, propriétaire sur le site du Val Benoît, de l’Institut de Mécanique (vide depuis 2005) cèdera ce vaste bâtiment à la Ville de Liège. Celle-ci, comme l’expliqua Jean-Géry Godeaux, pourra utiliser le bâtiment pour y installer les 120.000 pièces des réserves du futur Grand Curtius, mais également les archives de la ville. Par ailleurs une partie du bâtiment sera réservées aux réserves du «Centre d’histoire des Sciences et Techniques » qui a été mis sur pied par le professeur Robert Halleux et enfin, une autre partie sera destinée à recevoir les ateliers de confection de construction de décors, des salles de répétition du Théâtre de la Place.

Des réserves dignes d’un grand musée

Comme l’a expliqué Jean-Géry Godeaux : « C’est en septembre 2008 que Liège sera dotée, avec le « Grand Curtius », d'un nouvel outil culturel et touristique de première grandeur puisque avec ses 5200 pièces de collection il pourra prendre place parmi les plus grands musées d’Europe. Le « Grand Curtius » regroupera les plus belles pièces des différents musées liégeois comme le « Musée d’armes », le « Musée du Verre », le « Musée des arts décoratifs », le « Musée d’art religieux et d’art mosan ». Mais, ajoutera-t-il : « Ces 5.200 oeuvres ne constituent que la partie visible de complexe muséal. En effet, les réserves qui ne sont pas accessibles au public comportent près de 120.000 pièces (le Louvre à Paris en a 220.000). Jusqu'ici, elles étaient stockées sur plusieurs sites : à l'ancien magasin de l'Innovation, à l'ancienne église St-Gérard, à l'arsenal de Rocourt, au musée d'art mosan et d'art religieux et même au Val saint-Lambert.

Nous avions pensé pouvoir tout stocker dans les bâtiments de l’Inno, mais l’infrastructure ne permettait pas de soutenir un tel poids et les travaux de consolidation auraient été faramineux et nous n’avions pas les moyens de faire construire un nouveau bâtiment, d’autant que nous devions intégrer à ces réserves, les Fonds patrimoniaux de l’ancienne Salle Ulysse Capitaine et les archives de la Ville.
Nous en avons discuté avec l’Université de Liège. »
A ce sujet, Bernard Rentier dira : «Pour nous, c’était une solution magnifique. En effet, nous avons toujours voulu que ce site du Val Benoît s’inscrive dans une reconversion tournée vers la culture, la formation... et c’est ce qui va s’y faire. Par ailleurs, nous pourrons conserver le bâtiment de l’Institut de mécanique qui constitue aussi un témoin de l’architecture des années 30. Par ailleurs, au niveau de la solidité, le bâtiment ayant été conçu pour des appareillages industriels et très lourds, il n’y a vraiment aucun problème. »

Un pôle culturel et d’étude important

L’Institut de Mécanique deviendra un pôle culturel important. En effet situé juste à côté de la liaison, E40 – E 25 à quelques centaines de mètres de la nouvelle gare TGV des Guillemins, desservit par plusieurs lignes de bus, l’Institut de mécanique, œuvre de l’architecte liégeois Ferdinand Campus (qui sera aussi recteur de l’ULg juste avant Marcel Dubuisson) connaîtra une nouvelle activité qui ne pourra qu’attirer d’autres investisseurs sur ce site évitant ainsi de devenir une friche avec les risques de dégradation que l’on peut imaginer.

L’espace permettra non seulement de recevoir toutes les réserves des musées liégeois mais également les quelques 15,15 km de rayonnages des archives de la Ville (avec une réserve de 10 km) avec l’installation de toutes les nouvelles technologie en matière de conservation. Il deviendra un haut lieu de la recherche scientifique, étant donné que professeurs et étudiants pourront y effectuer sur place des travaux en utilisant toute l’étendue des collections. Comme ajoute Jean-Géry Godeaux : « Cela permettra d’établir des liens entre les objets, leurs créateurs, les répercussion ou encore le traitement dans la presse. Des conférences pour le grand public (préservation d’un tout grand amphithéâtre) pourront y être organisées puisque tout se trouvera en un seul et même lieu au travers de ce regroupement de 120.000 pièces ».
Dans ce nouvel « écrin culturel », s’y retrouveront les réserves du Professeur Halleux de l’Université de Liège et de son « Fonds Robert Halleux » : « C’est d’abord avec de bonnes réserves que l’on peut installer des musées intéressants… » devait-il dire et de se réjouir que l’endroit avait été parfaitement bien choisi, à tous égard.

Théâtre de la Place et Auberge Georges Simenon

En acquérant les bâtiments de L’Institut de Mécanique, la Ville acquière également un bâtiment perpendiculaire dans lequel le Théâtre de la Place va pouvoir installer ses ateliers de costumes et de décoration mais également deux salles de répétition.

Pour Serge Rangoni : « Nous avons conçu deux salles à l’Emulation, la grande et une petite qu’on aurait pu utiliser pour les répétitions. Mais avec ce nouvel espace, nous aurons deux salles de répétition de la grandeur du plateau. Nous pourrons ainsi utiliser la petite salle de l’Emulation entièrement pour des spectacles. La proximité avec l’Institut des Arts de la Parole (section du Conservatoire installée sur le site du Val Benoît) est aussi intéressante à plus d’un titre. »
Actuellement les réserves des costumes (12000 costumes et le Fonds Marie Marquet de la Comédie française) et les réserves et ateliers des décors sont situés à l’arrière de l’Auberge de Jeunesse Georges Simenon (dans une partie de bâtiment appartenant toujours à la Ville et cloître de l’ancien couvent des Récollets) et qui fête ses 10 ans cette année. Le départ du Théâtre de la Place pour le Val Benoît intéresse particulièrement Dominique Faure : «Nous souhaiterions pouvoir augmenter la capacité de nos salles de réunions, augmenter le nombre de petites chambres, augmenter les espaces de rangement pour répondre aux normes de sécurité actuelle …C’est la raison pour laquelle nous avons marqué, depuis plusieurs années, notre intérêt par le bâtiment occupé actuellement par le Théâtre de la Place… ».

La Ville est évidemment très intéressée par ce projet qui évidemment ne sera réalisable qu’en accord avec la direction centrale des Auberges de Jeunesse.

Alors en pratique, selon Jean-Géry Godeaux, l’achat du bâtiment au Val Benoît qui doit être effectif cette année se fera à hauteur de 2 millions d’euros, les travaux d’aménagement des locaux sont quant à eux estimés à quelques 10 à 13 millions d’euros, l’auteur du projet sera désigné fin 2006 et les études sur le traitement des bâtiments se fera en 207 avec pour objectif une ouverture pour fin 2008 début 2009 qui pourrait correspondre à l’ouverture du « Grand Curtius ».

Les photos de l'Institut de Mécanique au Val Benoît sont de Alain Boos





Gaston LECOCQ